Cultiver des morilles, à la mode de chez nous

Champignon apprécié des fins gourmets, la morille est rare et sauvage, poussant où bon lui semble. Quatre jeunes entrepreneurs belges se sont lancés le pari d’en cultiver de manière artisanale et bio, sur notre sol wallon, en veillant à respecter les saisons. Le projet Belmorille est né.

Max a rencontré les créateurs de Guillaume Coppée, Arnaud de Merode, Géraud d’Oultremont et Arthur Lhoist.

Comment est née l’idée de Belmorille ?

Elle a germé lors d’une discussion informelle avec un ami qui avait repéré une technique culturale mise en place en Chine, permettant de faire pousser des morilles. Même si aucun de nous ne venait du milieu du maraîchage, on a décidé de regarder de plus près si cette technique fonctionnait et s’il était possible de l’importer dans notre plat pays. Dans l’objectif de devenir nous-mêmes les pionniers de la morille, en Belgique dans un premier temps…

Quelle est la particularité de vos morilles par rapport aux sauvages ?

Nous, on les cultive en plein champ, alors que les sauvages poussent en forêt et sont ramassées par des cueilleurs de champignons. On aide le mycélium, soit la base des champignons, à grandir. Au niveau du goût, on les a fait déguster à quelques grands chefs. La différence avec la cueillette, c’est le fait que découvrir une morille dans la nature lui donnera toujours une saveur supérieure par rapport à celle achetée dans le commerce.

La terre belge se prête-t-elle bien à la culture de morilles ?

Elles poussent un peu partout dans le monde et il y a différentes sortes de morilles mais la Belgique, historiquement, est un pays ayant un terroir très propice à leur pousse. De notre côté, on travaille uniquement avec la morille conique. Mais on fait beaucoup de recherches pour essayer de cultiver la morille blonde, celle qu’on trouve plus traditionnellement dans nos bois.

Est-ce possible d’en cultiver toute l’année ?

Oui, à condition de le faire dans des salles à atmosphère contrôlée où on peut maîtriser tant la température que la pression atmosphérique. On le fait, nous, dans des buts de recherche mais pas dans un but commercial. Car notre philosophie est d’essayer de travailler avec la nature, qui nous offre des conditions propices une fois par an (de mi-mars à mi-mai) pour les faire pousser sans avoir besoin d’utiliser de l’énergie supplémentaire.

Quelles sont vos attentes pour cette récolte de 2021 ?

C’est un projet entrepreneurial risqué, on est encore très dépendants de la nature et de certains paramètres qu’on ne maîtrise pas. On attend en croisant les doigts et on espère avoir quelques centaines de kilos cette année.

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