Royalement belges : comment devient-on Fournisseurs de la Cour ?

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Elles s’appellent entre autres Buissonnière, Delacre, Delvaux,... Une centaine d’entreprises belges fournissant produits et services au Palais royal détiennent aujourd’hui le titre de «Fournisseur breveté de la Cour». Max vous en présentera plusieurs tout au long de la saison.

Chaque année, une poignée d’entreprises se voient accorder le titre de «Fournisseur breveté de la Cour de la Belgique». Yves Callebaut, secrétaire général de l’asbl qui gère l’attribution de ce titre, détaille pour nous le processus d’obtention d’un tel brevet royal.

Comment devient-on Fournisseur breveté de la Cour?

Il y a un certain nombre de critères assez précis qu’il faut remplir. La société doit jouir d’un siège social en Belgique. Il faut notamment que la société jouisse d’une parfaite honorabilité, cela va sans dire, mais le critère le plus important est de fournir le Palais de façon régulière en produits et en services. Il doit y avoir une certaine régularité, mais cela dépend évidemment de la nature du produit ou du service. Il est certain que dans le secteur de l’automobile, la fréquence est moindre que dans des domaines comme celui de l’alimentation. En général, il faut que la société ait déjà fourni le Palais pendant cinq ans, avec toute la qualité requise. Les gens ne le savent pas toujours, mais c’est un titre qu’il faut demander, ce n’est pas le Palais qui va proposer le brevet.

Quel est le Fournisseur le plus ancien de la Cour?

Il y a différentes écoles à ce sujet et c’est assez compliqué de répondre à cette question car c’est un titre qui a évolué au cours de l’Histoire. Nous n’avons pas toujours des archives très précises. Mais il y a des sociétés comme Mary, le chocolatier, dont le brevet date du début du siècle dernier. Il y a des enseignes qui sont titrées depuis des décennies.

Peut-on perdre son titre?

Oui, c’est renouvelable tous les cinq ans. Souvent, c’est reconduit automatiquement tant que les critères d’octroi continuent à être respectés. La façon la plus classique de perdre son titre, c’est lors d’un changement de Roi. C’est la situation qui s’est présentée lors de l’abdication du roi Albert II. Son abdication a rendu caduque les brevets approuvés. Mais son fils a directement renouvelé les mêmes enseignes. Ces dernières années, c’est principalement dû à des cessations d’activité que les entreprises ont perdu leur titre.

Les Souverains sont-ils personnellement impliqués dans ce processus?

Ils sont consultés, on leur demande leur approbation quant à la nomination de telle ou telle entreprise. C’est eux qui donnent l’accord final.

Quel est l’impact pour une société d’être nommée Fournisseur breveté?

C’est dépendant d’une société à l’autre. Pour toutes, c’est un honneur évidemment, une reconnaissance de la qualité de leurs produits et services. Cela peut apporter beaucoup car c’est encourageant pour les travailleurs d’une société de se voir attribuer un tel titre. Il est vrai aussi que cela peut avoir un impact non négligeable pour l’exportation.

Les entreprises sont-elles tenues à une certaine confidentialité? Le Palais est toujours assez discret en ce qui concerne sa vie privée…

Oui, absolument. Ils le savent, ils sont tenus à un devoir de réserve et ils ne peuvent en aucun cas parler de ce qu’eux-mêmes livrent au Palais et les conditions dans lesquelles ils le font. C’est assez important, c’est une question de protection de leur vie privée.

Le public associe souvent les Fournisseurs brevetés à de petites entreprises. Mais ce n’est pas le cas…

Non car c’est un domaine très large avec des profils très différents. Il y a des sociétés familiales mais aussi des multinationales comme dans le domaine de l’énergie. Il y a majoritairement des PME mais aussi de très grandes entreprises.