Rencontre avec Laeticia Hallyday: «Dans la fragilité, on se construit et on devient plus fort»

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Depuis la disparition de Johnny, il y a cinq ans, elle a appris à vivre avec «un chagrin qui vous accompagne tous les jours, qui devient une partie de votre corps». Laeticia Hallyday n’a pas refait sa vie, elle la continue, nous confie-t-elle.

Mais comment s’est construite cette jolie jeune fille aux taches de rousseur à côté d’un monstre sacré? Quelle femme est-elle devenue? Celle qui n’aime pas parler d’elle nous en dit quand même un peu plus, à quelques jours de l’inauguration de la grande expo Johnny à Bruxelles...

Laeticia, quand vous racontez votre rencontre avec Johnny, vous dites que vous ne saviez pas à l’époque qui il était, ce que représentait «l’idole des jeunes». De quel homme tombez-vous amoureuse?

Je tombe amoureuse d’un homme qui a les mêmes démons que moi. Quand on se rencontre, on est deux âmes cabossées, on est extrêmement torturés et c’est ça qui me plaît. Je pense qu’à travers mon parcours un peu compliqué, une adolescence un peu fragile et torturée, j’ai toujours été attirée par les âmes cabossées, par les êtres fragiles. C’est certainement un trait de mon caractère… Mais c’est ce qui m’a plu: qu’en fait, on pouvait se comprendre à travers ce que lui avait vécu et ce que moi j’avais vécu. Et il s’est vraiment passé quelque chose. C’était un bouleversement dans ma vie comme dans la sienne.

 Crédit : Sandrine Gomez / Bestimage

Vous entrez aussi dans un milieu que vous ne connaissez pas…

Oui, ce n’est pas mon monde du tout. Mais c’est bien aussi que, justement, je ne connaisse rien de sa vie. Et du coup, ça ne me fait pas peur parce que je rencontre un homme que j’apprends à connaître au fil des jours, à travers cette connexion incroyable, cette alchimie entre nous et qui est un truc assez dingue d’âmes liées, de choses qui ne sont certainement pas liées au hasard. C’est vrai, j’ai appris à découvrir sa vie quand je suis arrivée à Paris. Là, j’ai vraiment découvert qu’il était.

Et est-ce que ça fait peur à un moment?

Ça fait plus peur aux êtres à côté de vous, à votre famille, à ceux qui vous connaissent et se disent: «olala, elle va être broyée!» Ma mère ne m’a pas parlé pendant une année! Elle s’inquiétait beaucoup. Ça a créé quand même des souffrances et des inquiétudes, des angoisses et des peurs pour ma famille. Alors que pour moi pas du tout.

Comment avez-vous grandi en tant que femme à ses côtés? Comment vous êtes-vous construite, si jeune?

Je pense que c’est lié à une adolescence un peu torturée, fragile, pas ordinaire et compliquée. Et je ne suis pas sûre que si je n’avais pas eu cette vie avant, j’aurais pu résister au poids qu’est le fait de vivre à côté d’un homme comme lui. Mon père était quelqu’un au caractère très fort et un personnage aussi atypique et excessif. Donc, j’ai vécu aussi avec les démons d’un père et je ne suis pas sûre que j’aurais résisté à tout ça si je n’avais pas eu une adolescence aussi fragile. Mais dans la fragilité, on se construit, on devient plus fort. Johnny disait toujours que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, mais c’est vrai. C’est l’essence même de notre vie, quand on vit des choses différentes et qu’on se construit dans l’adversité, dans la douleur et dans la peine aussi. On arrive à se créer une carapace et cette force nous aide à affronter les obstacles. Et on devient beaucoup plus résilient aussi. La résilience, on l’apprend au fil du temps, à travers les épreuves de la vie, à travers les leçons que la vie nous donne, et les leçons que Johnny m’a données. Je pense que la vie nous change mais les êtres avec qui on vit aussi nous changent.

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